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L'établiDes outils qui ne téléversent rien
Un atelier de l'association ODERSARien ne part, rien n'est gardé, rien ne nous arrive.

L'atelier · Phrase de passe

Comment ça marche : Phrase de passe

Six mots tirés au hasard battent un mot de passe de huit signes, et l'outil vous le PROUVE par le calcul. Il dit aussi ce qui ne sert à rien : la majuscule et le séparateur valent zéro bit.

Ouvrir l'outil

Un générateur de mots de passe est le pire endroit possible pour faire confiance à un serveur. Si le secret est fabriqué ailleurs que chez vous, quelqu'un d'autre l'a vu passer, et vous n'avez aucun moyen de savoir s'il l'a gardé. Ici, la phrase est tirée dans votre navigateur, avec le générateur de hasard de votre système, et elle disparaît quand vous fermez l'onglet.

La méthode est celle des dés : chaque mot est tiré indépendamment dans une liste de 7 776 mots, parce que 7 776 est exactement le nombre de résultats de cinq dés. Ce n'est pas une astuce d'informaticien, c'est une méthode qu'on peut refaire à la main avec de vrais dés et la liste imprimée, et c'est ce qui la rend vérifiable.

Ce que cet outil fait et que les jauges « force du mot de passe » ne font jamais : il montre le calcul. Chaque ligne dit combien elle apporte, et les lignes qui n'apportent RIEN sont écrites à zéro. Mettre une majuscule au début de chaque mot ne rend pas une phrase plus solide d'un seul bit, parce que c'est une règle que tout le monde connaît. Le dire est plus utile qu'une barre verte.

Comment ça marche

  1. Réglez le nombre de mots. Six est le bon choix pour presque tout le monde.
  2. Cliquez sur « Fabriquer une phrase de passe ». Elle apparaît, avec son entropie calculée ligne par ligne et le temps qu'il faudrait pour la trouver.
  3. Copiez-la et rangez-la tout de suite, dans un gestionnaire de mots de passe ou dans votre tête. Elle n'est nulle part ailleurs : personne ne peut vous la redonner.

Formats acceptés

Cet outil ne reçoit rien du tout : ni fichier, ni texte. Il n'y a donc rien à envoyer, même par erreur. C'est le seul outil de l'atelier dans ce cas, et c'est pour cela que son bandeau de confiance parle de ce qu'il FABRIQUE et non de ce que vous déposez.

Aucune entrée

L'outil part de vos réglages et du générateur de hasard de votre système. La liste de mots est embarquée dans son code : il n'y a rien à aller chercher, et l'outil fonctionne connexion coupée.

Voir la matrice de compatibilité

Ses limites

Deux listes de 7776 mots, une par langue, et pas une de plus

Nous n'embarquons une liste que si sa licence libre est écrite noir sur blanc par son auteur, et nous avons dû en écarter plusieurs pour cette seule raison : une liste française très répandue n'a aucune licence trouvable, une autre a un auteur qui écrit lui-même ne pas savoir laquelle s'applique. Les deux que vous avez ici sont celle de l'Electronic Frontier Foundation, sous licence Creative Commons Attribution, et celle compilée par « Tango » pour Tails OS et The Tor Project, sous CC0 1.0 Universal. Aucune des deux ne contient d'accent, ce qui est délibéré : un mot qu'on ne sait pas taper n'est pas un mot utilisable.

La majuscule et le séparateur n'ajoutent RIEN, et l'outil l'affiche à zéro

Ce sont des règles déterministes : quelqu'un qui sait comment cet outil travaille les connaît déjà. Elles ne multiplient donc pas le nombre de phrases à essayer. Elles ne sont là que parce que certains formulaires exigent une majuscule ou refusent les espaces, et l'outil les affiche honnêtement à zéro bit plutôt que de gonfler un compteur.

Quatre mots de la liste contiennent déjà un trait d'union

Ce sont drop-down, felt-tip, t-shirt et yo-yo. Si vous choisissez le trait d'union comme séparateur, la phrase obtenue ne se redécoupe plus à l'œil. Cela ne change rien à sa solidité, mais cela peut surprendre à la relecture, alors nous le disons.

Une phrase perdue est perdue

Elle n'est envoyée nulle part, elle n'est écrite nulle part, et elle disparaît à la fermeture de l'onglet. C'est exactement la propriété qu'on veut d'un générateur de secret, et cela veut dire que la sauvegarde est votre travail, pas le nôtre.

Les durées d'attaque sont des ordres de grandeur, avec leur hypothèse affichée

Elles dépendent entièrement de la façon dont le service qui garde votre mot de passe le protège, et cela vous est invisible. Nous donnons trois hypothèses nommées plutôt qu'un chiffre unique qui aurait l'air d'une garantie. Toutes supposent que l'attaquant connaît la méthode : c'est le principe de Kerckhoffs, et c'est la seule hypothèse honnête.

Questions sur cet outil

La phrase est-elle envoyée quelque part ?

Non, et c'est l'outil où cela compte le plus. Ouvrez l'inspecteur avec la touche F12, onglet « Réseau », videz la liste, puis fabriquez autant de phrases que vous voulez : la liste reste vide. Coupez votre connexion et refaites-le : l'outil fabrique toujours, parce que la liste de mots est dans son code. Un générateur de secret qui aurait besoin du réseau serait un générateur de secret partagé.

Pourquoi six mots plutôt qu'un mot de passe compliqué de huit signes ?

Parce que six mots tirés au hasard font environ 77 bits d'entropie, et huit signes tirés VRAIMENT au hasard sur un clavier en font environ 52. Six mots sont donc plus de trente mille fois plus difficiles à trouver, et infiniment plus faciles à retenir. Et un mot de passe de huit signes choisi par un humain, avec sa majuscule au début et son chiffre à la fin, vaut bien moins que 52 bits : c'est justement le motif que les outils d'attaque essaient en premier.

D'où vient le nombre 7 776 ?

De cinq dés. Six faces à la puissance cinq font 7 776, donc chaque mot de la liste correspond à un lancer de cinq dés, et la méthode se refait à la main avec de vrais dés et la liste imprimée. C'est ce qui la rend vérifiable par n'importe qui, sans faire confiance à un programme, y compris le nôtre.

Pourquoi la majuscule est-elle affichée à zéro bit ?

Parce qu'elle n'ajoute aucune possibilité à essayer. Si la règle est « une majuscule au début de chaque mot », quelqu'un qui attaque le sait et applique la même règle : le nombre de phrases possibles n'a pas bougé d'un pouce. Ce serait différent si la majuscule tombait à une position tirée au hasard, mais alors la phrase deviendrait impossible à retenir. Le chiffre, lui, est bien tiré au hasard, et l'outil compte ses 3,3 bits.

Puis-je avoir des mots dans ma langue ?

Oui : deux listes de 7776 mots sont embarquées, une en français et une en anglais, et la page française propose le français d'abord. Toutes deux sont sans accent, pour que chaque mot se tape sur n'importe quel clavier. La solidité de la phrase ne dépend pas de la langue, seulement du tirage : ce qui change avec la langue, c'est votre capacité à retenir la phrase, et c'est loin d'être un détail.

Puis-je utiliser cette phrase pour l'outil de chiffrement de ce site ?

Oui, et c'est exactement l'usage prévu. Le coffre-fort du coin sécurité dérive sa clé de votre mot de passe avec six cent mille passages de calcul, ce qui rend une attaque très lente ; combiné à une phrase de six mots, c'est solide pour longtemps. C'est vrai aussi pour le mot de passe d'un PDF, où c'est encore plus important : ce format ne ralentit pas la vérification du mot de passe, donc la solidité repose entièrement sur la phrase.

Puis-je refabriquer plusieurs fois et choisir celle qui me plaît ?

Oui, sans aucune perte. Chaque tirage est indépendant des précédents : choisir parmi trois phrases proposées ne réduit pas l'entropie de celle que vous retenez. Ce qui la réduirait serait de MODIFIER la phrase à la main pour qu'elle sonne mieux, ou de rejeter systématiquement les mots que vous ne connaissez pas. Là, oui, vous rétrécissez l'espace des possibles.